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Les « étranges animaux » de Denis Podalydès et Raphaël Gaillarde
Mardi, 15 Février 2011 05:29

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Les "étranges animaux", selon le mot de Molière, ce sont les comédiens, et particulièrement ici ceux de la Comédie-Française que croquent par les mots Denis Podalydès et par l'œil, avec de superbes photographies, Raphaël Gaillarde. Et ce sur une période d'une dizaine d'années, de 2001 à 2010. Au « foyer », en coulisses ou sur le plateau, à l'occasion de pièces magnifiques comme, par exemple, Cyrano de Bergerac, le Tartuffe ou Figaro divorce.

 

Dans ce beau livre paru aux éditions Actes Sud, en septembre 2010, on peut lire notamment, sous la plume de Podalydès, à propos du théâtre d'Omar Porras: « Il est des spectacles qui passent comme des rêves. Venant d’un ailleurs du théâtre, ici le théâtre masqué d’Omar Porras, ils entrent dans l’alternance, transforment les acteurs, créent une troupe dans la Troupe, illuminent la scène de leur éclat particulier, autonome et formidable, se jouent une, deux ou trois saisons, quittent l’affiche, fixent la mémoire des uns et des autres ; on en reparle ; on s’en souvient, l’aventure unique s’éloigne dans le temps ; on en découvre dans d’autres spectacles mille traces, chez les acteurs, qui n’ont rien oublié ; l’alternance accueille d’autres spectacles ; un jour le décor est « réformé » (détruit) ; on ne le reprendra jamais, c’est fini. »

 

Ou bien: « Chacun est dans son monde. Ainsi se constitue le monde synthétique qu’est le spectacle. Seul l’unifie le regard du spectateur, quand bien même celui-là, spectateur particulier et latéral, serait en coulisse et verrait, dans le même plan, double monde du spectacle et de sa représentation en acte. » à propos des coulisses du Campiello.

Mais aussi, dans l'évocation des « Acteurs de Shakespeare »:  « Et puis des morts, des fantômes, qui font toujours saillie dans les rôles. On les retrouve parfois en enfilant (pour les besoins d’une répétition) la toile d’un vieux costume marqué au col du nom d’un prédécesseur. Dix, vingt, vingt-cinq ans auparavant, il porta cette défroque, on ne sait même plus dans quel spectacle. On consulte l’un ou l’autre d’entre les anciens. Il raconte, ou ne raconte pas ; se souvient ou ne se souvient pas ; se tait ou ne donne que le nom de la pièce et l’année où elle fut jouée. On sent, on touche à la fois ce qui est mort et ce qui est vivant. »

Étranges animaux, Simul et singulis, Denis Podalydès, Raphaël Gaillarde, éditions Actes Sud, 2010, 29 €.

 
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