Sur son Blog, Roland Jaccard évoque le nouveau roman de Serge Safran.

En exergue à son roman " Le Voyage du Poète à Paris ", Serge Safran a mis un extrait du " Journal Intime " de ce cher Benjamin Constant qui a guidé ma vie sentimentale. Le voici :

" Si j’avais à me marier, j’épouserai une fille de seize ans. Il y a un profit clair de 3 ou 4 années pendant lesquelles une femme ne peut pas, à cet âge, prendre une existence indépendante. Ensuite, cela revient peut-être au même, mais on a joui de ce gain positif et on a eu la chance d’influer sur le caractère de sa femme et de lui donner la direction qu’on désire.

Dans une fille de seize ans, vous voyez le caractère se former, vous voyez l’ennemi à sa naissance, et vous pouvez d’autant mieux prendre vos mesures. Tout ceci ne s’applique au reste qu’à un homme qui a déjà beaucoup vécu, et qui a tristement appris que dans toutes les relations, la vie est une lutte, plus ou moins déguisée, plus ou moins adoucie. Le plus habile est celui qui sait lutter en éprouvant le moins de peine. Le meilleur est celui qui en cause le moins à son adversaire. "

Avec Benjamin Constant et André Breton comme figures tutélaires, Serge Safran se devait de nous donner une éducation sentimentale tout à la fois rêveuse et cruelle. Il l’a fait avec ce mélange d’innocence et d’angoisse que lui connaissent ses amis. Merci, Serge, pour ce troublant " Voyage du Poète à Paris ".

Roland JACCARD, le 12 mai 2011.