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La Revue littéraire n° 54

SERGE SAFRAN, « L'Écueil de naître » (Journal, décembre 1977) p. 81 à 105

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Lundi.

 

 

Je lis Jules Verne dans mon lit. Il est assez limpide qu’il faille entreprendre un Voyage au centre de la Terre pour masquer à Axel qu’il n’a qu’une envie : se sauter sa Graïben. Limpidité de la symbolique phallique et vaginale. Style d’un classicisme à vous couper le souffle. Maîtrisé à souhait pour atteindre le merveilleux. Et le zoom amusant des vignettes de Riou. Rêve déclenché par l’écriture. Réflexion sur la conception du livre du temps où ce fut un art de le concevoir comme un bel objet. Plaisir de toucher une reliure en cuir de veau. L’utilisation du progrès scientifique comme procédé narratif et cet esprit positiviste qui s’est développé dans cette deuxième moitié du XIXe siècle m’ont évidemment conduit à mettre en parallèle ce Voyage avec mon Dracula. Moins baroque toutefois. Un peu sec. Mais ce côté sec d’un Balzac qui ne s’appesantirait pas sur la psychologie ou la description. Le seul intérêt est d’aller au centre de la Terre ! Laisser tomber Ginsberg. Provisoirement.

Encore impossible de parler des rêves de ma nuit dernière. Sensation qu’ils étaient très structurés et en couleur. Sur fond d’homosexualité. D’incroyables calculs de factures d’hôtels, de repas… À un moment donné, je fus amené à cracher sur quelqu’un (de même qu’une des « bonnes » crache sur la robe de l’autre). Je sais avoir rencontré Dorian au cours de mon rêve, ce qui est assez rare. Dans le courant de la nuit, une image très forte m’a quasiment réveillé. Il s’agissait du premier livre de Michelena, C’est une grave erreur que d’avoir des ancêtres forbans (je cite le titre pour le plaisir de le citer, car il me plaît) suspendu dans les airs et dont la couverture noire se détachait de son socle de bois laqué pour prendre d’abord la forme ondulée d’un feutre mou et humide, comme un chapeau de curé de campagne (image de l’enfance ?) puis s’envoler tel un corbeau dans le ciel, un peu à la façon d’un dessin animé de Folon. J’étais fasciné. L’image était d’une excessive netteté. Elle me semble n’avoir rien à voir avec cette pseudo-vie parallèle et d’une implacable logique que je mène dans tous mes rêves et qui trop souvent tourne au cauchemar…

Informations supplémentaires

  • Editions: La Revue littéraire | Éditions Léo Scheer
  • Date de parution: septembre 2012