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APLF Atelier de Production Littéraire des Forges

« Les corbeaux sont au-dessus de nous. » p. 116- 117

argaiv1645

 

Incapable d'écrire autre chose que des roses. des mots d'amour. j'ai perdu. J'ai tout perdu. Rien. L'amour est souffrance. N'importe quoi, ce soir, mais pas ça. Pourquoi? Je ne marche pas. Des colliers d'étoiles. Le vent dans le vent, dans les branches du tilleul. La feuille rose du lotus vole. Rien ne viole les destins d'étoiles. Brûlent les lampions. Pions d'une banale histoire. je titubais. Tout revient. Tout est là. Je n'ai plus rien à dire. Brûlera le suicide. Quand? Jusqu'à quand? Plus rien. Le vide. Les beaux yeux embués de B… L'amour. Rien. L'amour est une souffrance. Une maladie. Rien de plus. Quelques coups de téléphone. Rien. rien. je ne sais rien. Je ne comprends rien. je n'écris rien. Je ne peux plus rien écrire. Rire. Rires. Rire à gorge déployée. Rien. Dévoyé. Je ne suis rien. Vide. Rien. Ce soir, j'ai trop fumé, mais je sais, je sais que je n'ai rien que le vide. Pourquoi suis-je resté? Ce que j'attends: rien. Que vais-je retrouver? Rien. Je n'en peux plus de rien aimer, rien désirer, rien ressentir. Que ce qui pourrait être n'est rien. Les déchets. Rien que les déchets. Comme aux chiens. les rats. Les téléphones. Les voix coupées. Les regards. Le grenier. Mais oui, le grenier. Rien. Quoi! Rien. Tas de propres à rien. C'est bien ce que je disais, désirais, rejetais. Les pattes. Les courants d'air. Tout cela ne sert à rien. La tête. La tête. Rien. Que le cœur dans la tête. Les cœurs à mes pieds sont brisés.Mes yeux. Où sont mes yeux, détourés d'étoiles, et de colliers, et de métiers? Déchirés! Je suis. Sans rien ressentir. Le pire: les soupirs susurrés par les sucres. Je ne veux rien. Que la gorge ouverte. La grotte des idiots. Des analphabètes. Les herbes couchées, couchées, comme des coquilles de bateaux ivres d'avoir trop navigué. Naviguent les nages au Nailhé. Je n'attends que la page à tourner. À qui donner l'amour mort d'amour à aimer? Mon amour n'est plus mort et la mort me murmure mon arrière-goût de rude roue de rage. Nage la mort dans les yeux des nuages. les étoiles. Filles, folles flammes, d'éternelles sentinelles aux reflets de mes yeux. Filles, frêles à défroisser les meringues à la framboise et au café. Sucreries: je suis refait. J'ironise pour de vrai. Je briserais toutes les poupées puisque je suis si malheureux. Mon âme s'appelle B… ou mes yeux, ou peut-être l'infinie solitude d'être toujours amoureux. Ne rien pouvoir dire. Ne rien pouvoir écrire. Tanguer, tellement ça tangue. La langue s'étrangle, chose rose dure à pénétrer le silence. Chance assouvie d'être normal. C'est anormal de l'être, de ne pas être animal assez pour les ruts, les ruées de tendresse, vers l'or de ses yeux, de ses reins. Je ne suis pas roi de Bavière. Rien. Je n’ai plus de pouvoirs. Plus rien. J’ai perdu les mots. Les mots d’amours en amour. J’ai perdu. L’amour est souffrance. Fleurance me gerce les paupières aux prières incongrues. Aux rivières. Rien de plus. Son rire. Sourire. Ses lèvres. Rêves. Ses nuits. Ses ongles. Les autres, têtes baissées. Malheureux malhabiles, la bile au coin des yeux. Les yeux ! Mes yeux sont tes yeux. C’est la fête. Allez ! Allez vous coucher ! Les chiens d’abord ! Les chiens ! Et puis allez chier sous le tilleul ! Coucher comme un chien.

Informations supplémentaires

  • Editions: Les Écrits des forges Trois-Rivières Québec
  • Date de parution: N° 19-20 Premier trimestre 1985