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La Revue littéraire N° 50

SERGE SAFRAN, « L’Écueil de naître » (journal, décembre 1977) p. 26 à 48

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Mercredi matin (le 14)

 

La nature est ainsi faite que la flamme de la bougie absorbe la fumée des cigarettes. Il se trouve que depuis quelques jours je fume beaucoup (Michel1 alluma également une bougie chez lui et je ne fumai pas une deuxième cigarette pour qu’il n’eût pas à endurer mon terrorisme de fumeur, bien parcimonieux en l’occurrence).

 

Haïr le fait d’écrire, car le manque de vivre me dévore. Mais il faut que je lutte à tout prix contre cette certitude de la vanité de tout qui m’obsède et me pèse et me fait trop souvent penser à ce magnifique vers de Baudelaire où il est question du ciel bas et lourd comme un couvercle et à la phrase qu’il écrivit pour dire à quel point il est vain de répondre à certaines critiques quand elles montrent pertinemment à quel point il est inutile d’expliquer quoi que ce soit. À ce propos je savourais avec Michelena l’idée que le silence avait régné autour de son deuxième ouvrage à cause de sa préface intitulée « Éloge de la géométrie » qui fustigeait le parisianisme. Ce sentiment d’être maudit, pour être vrai, n’est pas près de nous quitter tant on en bave…

 

 



Informations supplémentaires

  • Editions: La Revue littéraire | Éditions Léo Scheer
  • Date de parution: Novembre Décembre 2010