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Portraits d'éditeurs de A à Z (2)

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LE PORTRAIT DU MOIS (juillet-août 2001)

 

Les éditions Rafael de Surtis

 

Tout commence par leur rencontre, en 1993. Lui, Paul Sanda, psychologue de profession. Elle, Rafael de Surtis, éducatrice. Ils abandonnent alors leur travail respectif, achètent une maison dans la Vienne et se lancent, trois ans après, dans l’aventure éditoriale. Lui, est né en 1961, en Vendée. Fils d’instituteur, Paul passe son enfance au château de Tiffauges. A l’adolescence, il se retrouve pour plusieurs années en Polynésie française. Il y apprend le tahitien et les chants anciens. Il écrit de la poésie et publie son premier recueil en 1990. Elle, est née en 1970 en Marais poitevin. Fille d’un maréchal-ferrant, elle dessine depuis l’enfance et rêve sa vie à travers les livres. Dès qu’elle peut, elle s’initie à la Pao et à diverses formes artistiques.
À leurs aspirations communes, s’ajoutent quelques heureuses circonstances qui favorisent en 1996 la création des éditions Rafael de Surtis. Notamment l’héritage de matériel d’imprimerie et celui d’une revue littéraire. Naît ainsi la revue Pris de Peur qui compte aujourd’hui une douzaine de livraisons. Puis paraissent les livres, fabriqués à la main, en étroite collaboration avec les auteurs. De la poésie, surtout. Trois titres par an, au début, et plus de trente en 2001 ! Avec désormais des tirages plus conséquents pour défendre une « littérature populaire », comme La Petite Ogresse de Jean Rollin. Au catalogue, réactualisé tous les quatre mois, on trouve Jacques Kober, Daniel Leuwers ou Jehan Van Langhenhoven mais aussi Leopardi et Balzac. Soit une dizaine de collections qui n’excluent d’ailleurs ni l’ésotérisme ni la jeunesse. Le défi des éditions Rafael de Surtis reste cependant Une Anthologie de l’Imaginaire, en dix volumes, illustrés, proposant de jeunes auteurs mélangés à des écrivains confirmés ; Frédérick Tristan, Hubert Haddad, Marc Petit, Christiane Baroche… Une belle aventure en tout cas, toujours sur beau papier !

(Éditions Rafael de Surtis, 20 rue de la Margotterie, 86170 Cherves.)

 

LE PORTRAIT DU MOIS (avril 2003)

 

Jean-Paul Delamotte

 

Son grand-père et père, négociants en charbon, avaient des amis écrivains. Même si on a oublié le dramaturge Maurice Donnay ou le romancier Maurice Bedel, Jean-Paul Delamotte, né en 1931 à Boulogne, a gardé d’eux, dès l’enfance, un attrait émerveillé. Qui détermine une vocation, l’écriture, et une passion, la littérature. Après une scolarité perturbée par la guerre, Jean-Paul Delamotte entre à Jeanson de Sailly puis en hypokhâgne à Henri IV. Si son frère aîné suit les cours de Jean-Paul Sartre, lui trouve avec René Lalou, outre le goût de l’anglais, celui de l’art dramatique. C’est alors que l’obtention d’une bourse lui fait découvrir les Etats-Unis où il séjourne à Amherts, en Nouvelle Angleterre, puis à Harvard. De là-bas, le fondateur des Arts et les jeunes et l’abonné de La Gazette des Lettres publie son premier texte dans Hommes et Mondes. De retour en France, il entre à Sciences-Po où il fait partie d’un groupe de travail avec… Jacques Chirac. Service militaire et guerre d’Algérie rallongent ses études qui le mènent vers un « second métier » : le cinéma. Producteur (à la MGM, entre autres) et adaptateur, il fréquente en parallèle la NRF, collabore au Magazine littéraire et publie romans et nouvelles chez Plon ou Gallimard.
En 1974, la MGM abandonnant l’Europe, Jean-Paul Delamotte et sa femme Monique émigrent comme chargés de cours d’université en Australie. Un séjour de trois ans décisif qui entraîne la création de l’ACFA (1980), association culturelle franco-australienne que pérennisent les Editions La petite Maison en1995. Jean-Paul Delamotte peut ainsi poursuivre ses traductions de Frank Moorhouse (Un australien garanti d’époque, après Coca-Cola Kid) et se lancer dans celles de Katharine S. Prichard ou David Malouf. Outre une demi-douzaine d’autres auteurs australiens, il exhume l’œuvre de l’écrivain français Paul Wentz (Reims 1869 - Forbes1939), ami de Gide et Jack London, auteur notamment du roman L’Echarde.  Un engagement scrupuleux et passionné qu’il qualifie humblement de Douce illusion, lui qui avec humour propose d’Innocentes plaisanteries, mélanges littéraires et anecdotiques, en préparant pour la NRF un dossier sur… la littérature australienne !

(Éditions La petite Maison, 11, avenue de Lattre de Tassigny, 92100 Boulogne-Billancourt, Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )

 

LE PORTRAIT DU MOIS (juin 2002)

 

Christiane Falgayrettes-Leveau, éditions Dapper

 

C’est à l’âge de trois ans que Christiane Falgayrettes quitte Cayenne et arrive en France. Plus précisément à Bordeaux où un oncle professeur l’initie à la littérature. Ami du poète guyanais Léon–Gontran Damas, il lui fait découvrir Césaire et Senghor. Plutôt isolée, Christiane écrit des poèmes, tient son journal et lit beaucoup ; classiques russes, Balzac, Baudelaire… A treize ans, elle suit sa mère à Paris, se passionne pour la philosophie au lycée et s’engage dans des études de lettres qui lui font suivre les cours de Maryse Condé. Peu encline à l’enseignement, elle rédige des notes de lecture pour un magazine antillais et décide de faire un voyage au Sénégal. Après une interruption de trois ans passés au service publicité de chez Masson, elle reprend ses études pour approfondir une réflexion sur « le personnage du griot dans le théâtre négro-africain d’expression française ». Spécialisée dans la littérature du monde noir, elle devient journaliste à RFI. Lors d’une émission, elle rencontre son futur mari, Michel Leveau, industriel préoccupé par le retour des œuvres d’art dans leurs pays d’origine. Cette union entraîne la création, en 1983, de la Fondation Dapper. Sous le nom de cet humaniste hollandais du XVIIe, connu surtout pour sa Description de l’Afrique, la fondation veut « aider à la connaissance et à la préservation du patrimoine artistique de l’Afrique subsaharienne ». Trois ans après, ouvre le musée Dapper dont Christiane Falgayrettes-Leveau prend la direction. Naissent alors les éditions Dapper qui dépendent d’abord de l’activité du musée. D’où de beaux-livres, liés aux expositions (déjà une trentaine au catalogue), comme Lam métis, Arts d’Afrique ou Masques, ouvrages désormais de référence. En 1998, démarre une collection pour la jeunesse au format poche. Caraïbes sur Seine (Gisèle Pineau) ou Le Secret de la reine de Saba (Mohamed Kacimi) en sont de beaux fleurons. Enfin, en 1999, Dapper Littérature propose, toujours sous des couvertures originales en couleur, de nouvelles voix romanesques d’Afrique ou de ses diasporas ; Ananda Levi (île Maurice), Ken Saro-Wiwa (Nigeria), Lewis Nkosi (Afrique du Sud) et bientôt le Togolais Kangni Alem avec un tonique premier roman : Cola cola jazz. Poussée par une conviction communicative Christiane Falgayrettes-Leveau  donne ainsi la parole, avec générosité et passion, à l’Afrique contemporaine.

(Éditions Dapper, 50, avenue Victor Hugo, 75116 Paris.)

 

LE PORTRAIT DU MOIS (avril 2002)

 

Jacques Marseille

 

Un arrière-grand-père anarchiste et une famille de cheminots n’empêchent pas Jacques Marseille, né en 1945 à Abbeville, de faire sa scolarité chez les Jésuites. Il y apprend la stimulation, le goût de se surpasser et celui de l’histoire. D’excellentes études le mènent à l’université de Lille. Là, il a comme professeur Jean Bouvier, pionnier de l’histoire économique en France et… communiste. L’étudiant s’engage avec lui dans une thèse, Empire colonial et capitalisme français, aujourd’hui en poche. Dès qu’il enseigne, à Cambrai, il s’essaie à l’édition avec ses élèves. Nommé au lycée Carnot à Paris après son agrégation d’histoire, il devient vite assistant à Vincennes. Puis il adhère au parti communiste, séduit par son interprétation de l’histoire et son anticonformisme. Il y milite dix ans de suite, à Livry-Gargan.
Ses premières publications sont pour la jeunesse. Il y prend du plaisir et crée une collection « Une famille de… » où on apprend l’histoire à travers l’évolution d’une catégorie sociale. Jacques Marseille a la fibre pédagogique. Son souci: transmettre au grand public les fruits de la recherche. Il multiplie collections, dictionnaires, essais personnels. Deux éditeurs le marquent; Jean-Jacques Nathan et Francis Esménard. Chez Nathan, il dirige depuis 1985 une collection de manuels scolaires. En 1989, il entre à la Sorbonne et quitte un poste de directeur éditorial chez Albin Michel pour aller chez Larousse. Il y dirige désormais l’édition d’ouvrages de référence; une Histoire du Monde, en 120 tranches chronologiques, puis le Journal de la France au XXe siècle. Il prend quatre ans ensuite pour écrire seul une Nouvelle histoire de la France (Perrin, 1999). Et Jacques Marseille n’a pas peur d’alimenter la polémique, de Vive la crise et l’inflation (Hachette,1983) au Grand gaspillage (Plon, 2002). Son goût pour l’indépendance lui font enfin créer en 1999 sa propre maison d’édition. Et de co-éditer (avec Larousse, Vuibert, Le Seuil) des livres au service des parents, étudiants ou… régions. Et d’en venir à la littérature, avec des biographies sous un angle nouveau, comme celle de… Victor Hugo !

(Éditions Jacques Marseille, 18, rue Monsieur-le-Prince, 75006 Paris.)

 

LE PORTRAIT DU MOIS (février 2002)

 

Georges Monti, Le Temps qu'il fait

 

Petit-fils d’immigrant italien, Georges Monti naît en 1953 à Bône, en Algérie. Rapatrié en 1962, il se retrouve vers l’adolescence à Montluçon où il passe son bac. Seul un professeur anticonformiste a su lui enseigner que « la littérature est une façon de vivre ». Une leçon qu’il médite lors d’études universitaires de lettres à Clermont-Ferrand. Heureusement, il y a L’Espoir gravé, une librairie différente, la découverte d’Armand Robin et l’expérience d’une première revue ronéotypée. C’est alors qu’il entre en correspondance avec Edmond Thomas, fondateur des éditions Plein Chant. Une amitié se noue et Georges Monti débarque chez lui, avec armes et bagages, à Bassac, en Charente, région qu’il n’a plus quittée. Commence un compagnonnage qui se concrétise par l’achat en commun d’une machine offset et la publication d’une demi-douzaine de livres. Le premier sera La fausse parole d’Armand Robin, ouvrage augmenté de celui paru en 1953 aux éditions de Minuit, qui dénonce « l’envoûtement qu’exercent sur les consciences les propagandes politiques. » Et c’est en 1981 que, sous le titre du seul roman qu’ait écrit Armand Robin, Georges Monti crée les éditions Le temps qu’il fait.
Plus de trois cent cinquante titres constituent aujourd’hui un superbe catalogue fêtant vingt ans de « littérature exigeante dans ses visées, audacieuse dans ses formes, et jamais coupée du vivant. » A Armand Robin se joignent nombre d’auteurs tels que Jean-Pierre Abraham, Christian Bobin, François Boddaert, Pierre Oster, Jean-Claude Pirotte, Jude Stéfan, Catherine Rey, Jean-Loup Trassard… De ce dernier Inventaire des outils à main dans une ferme lance le coup d’envoi d’une série de livres d’écrivains-photographes. Des cahiers spéciaux (Augiéras, Frénaud, Jaccottet, Reverdy…), des rééditions (Paulhan, Breton, Dietrich…), des revues (Pleine Marge, Papilles), des traductions (Tsvetaeva), beaucoup de livres de poètes jalonnent la route de Georges Monti qui, grâce à son activité d’imprimeur, a su conserver son esprit d’autonomie et d’indépendance. Avec un militantisme souvent assumé dans des aventures collectives en faveur du livre. Pour une parole vraie.

(Le temps qu’il fait, 31 rue de Segonzac, 16100 Cognac)

Informations supplémentaires

  • Editions: Le Magazine littéraire
  • Date de parution: de 2001 à 2003