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Portraits d'éditeurs de A à Z (3)

LE PORTRAIT DU MOIS (décembre 2001)

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Jacques Neyme, 10 ans d’ENCRE  MARINE

 

De Saint-Chamond où il naît en 1949 à Saint-Etienne où il enseigne aujourd’hui la philosophie, en passant par Saint-Julien Molin Molette et Saint-Just la Pendue où il imprime ses livres, Jacques Neyme n’a guère quitté la Loire. Et Lyon n’est pas si loin pour fouiner en librairie. Le choc a lieu, à dix-sept ans, avec la découverte de Jean Genet à L’Arbalète, éditeur d’ailleurs de la région. Pour lui, désormais, la littérature est inséparable de la beauté du livre. Une idée qui fera son chemin.
Après 68, il interrompt ses études. Il choisit l’usine. Deux ans. Reprend les études. Travaille sur Genet et Bataille. A pour professeurs Henri Maldiney et François Dagognet…
En 1991, un modeste héritage et rapide apprentissage de la Pao poussent Jacques Neyme à franchir le pas. Surtout qu’il a en main le bouleversant n.n. (pour Nacht und Nebel, formule nazie désignant les déportés voués à l’extermination) de Violette Maurice, qu’il rencontre. C’est avec ce récit, préfacé par Marcel Conche, que naissent les éditions Encre marine qui, en dix ans, ont produit plus de cinquante livres, tous sur beau papier, non massicotés et, bien sûr, imprimés à l’encre bleu marine. Dix ans fêtés par la réédition de n.n. suivi de vingt-six contributions d’auteurs maison en un volume intitulé Ecrire, résister. Tout un programme, un choix de vie. A éditer seul, secondé pour la maquette par le peintre Michel Denis. Outre les philosophes déjà cités, sont venus le rejoindre Robert Misrahi, Jean Salem ou Paul Audi (proposant une curieuse Crucifixion avec des dessins de Frédéric Pajak), les poètes François Cheng et François Solesmes pour plusieurs ouvrages ainsi que Françoise Dastur pour des essais sur Hölderlin et Merleau-Ponty… Avec des inédits de Nietzsche, Zheng Banqiao ou Dôgen en prime, Jacques Neyme prolonge le plaisir philosophique et poétique en bonheur profond de lecture et d’émotion…

(Encre marine, Fougères, 42220 La Versanne.)

 

 

LE PORTRAIT DU MOIS (décembre 2002)

 

Frédéric PAJAK

 

Fils et petit-fils de peintres, Frédéric Pajak ne se veut pas peintre à son tour, ni dessinateur, ni artiste, ni rien du tout. Même s’il expose et publie désormais tant et plus. A la rigueur « prophète », comme il se définit avec humour dans Première partie. Son dernier livre. Aussi inclassable et superbe que les précédents ; l’Immense solitude, le Chagrin d’amour, Humour. Etape importante même d’un parcours commencé de façon clandestine en 1955 à Suresnes, puis dans le sillage d’un père qui déménageait chaque année. Il est alors difficile de le suivre à Paris, Strasbourg, en Alsace, Italie ou Suisse. Il a 9 ans quand son père meurt dans un accident de voiture. A 14, il s’occupe dans la Drôme de l’atelier de peinture d’une école libre. A 16, il fait un stage de gravure et lithographie chez Pietro Sarto puis travaille auprès de Yersin et Tal Coat, au sommaire aujourd’hui du n°1 de la revue Le Cahier Dessiné, dont il assure la rédaction en chef. Et qui n’est pas sa première expérience en la matière. En 1978, quelque temps après avoir claqué la porte des Beaux-Arts de Lausanne, il prospecte à Los Angeles pour Larry Flint Publications. Mais la faillite le chasse en Europe. Il sème ensuite à tout vent ses dessins dans la presse (Libération, Elle, le Fou parle...), gagne sa vie en usines, imprimeries ou sur des chantiers. Quand il ne dessine pas, il écrit. Un roman, en 1987 ( Le bon larron, Bernard Campiche). Des essais, des biographies à sa manière (Luther, Joyce…), des critiques d’art, notamment dans Voir, pendant sept ans. Il fonde des publications aussi percutantes qu’éphémères ; l’Imbécile de Paris, Culte… Et lit beaucoup. Tout Malevitch aux Etats-unis, tout Nietzsche à Pékin, et Marx, et d’autres qu’il convoque dans ses livres où se mêle l’écrit aux dessins. Sa rencontre avec Vera et Jan Michalski lui permet chez Buchet-Chastel de se livrer à sa passion et sa générosité ; il édite coup sur coup Gébé, Copi, Muzo, Noyau et Anna Sommer. Un vrai feu d’artifice de talents fous sur beau papier où le dessin respire sa pleine force et sa - souvent noire - fraîcheur. Suivront des gouaches peu connues de Queneau, des inédits de l’écologiste Fournier. Quant à Frédéric Pajak soi-même, il travaille à une Autobiographie de Jésus. « J’ai toujours dessiné, mais jamais à plein temps. » dit-il. Façon de dire…

(Première partie, Puf, 2002, 45 € (les autres livres cités ont également paru aux Puf.) Le Cahier Dessiné n°1, Buchet-Chastel, 2002, 24 €. Collection « Les Cahier Dessinés » ; Le livre blanc, Copi, Un Pas de côté, Gébé, Les Hommes et les femmes, Muzo, Amourettes, Anna Sommer, les Doigts sales, Noyau. Chaque volume, Buchet-Chastel, 2002, 24 €.)

 

LE PORTRAIT DU MOIS (juin 2000)

 

Gérard Pfister

 

En dépit d’ascendances alsaciennes remontant, au moins, au début du XVIIe siècle, Gérard Pfister est le premier de sa lignée à naître à Paris, en 1951. Se reconnaîtrait-il aujourd’hui en ce Rulmann Marswin, banquier strasbourgeois du XIVe siècle qui par des écrits quasi anonymes d’ermite s’adressait aux esprits profonds et âmes sensibles de son temps? Il n’est qu’à lire la préface duLivre des amis consacré aux 25 ans des éditions Arfuyen pour s’en convaincre. Pour s’étonner également, tant sont rares les exemples, de trouver en lui un poète… directeur de banque!
Un grand-père diamentaire et de multiples séjours à Colmar marquent l’écolier qui fait ses études à Sainte-Croix de Neuilly, à l’instar de La Tour du Pin ou Montherlant. Sans grande conviction, il suit l’itinéraire des « hobereaux » qui font Sciences-Po et Droit public. Comme son rêve est de devenir architecte, et qu’il écrit de la poésie depuis l’adolescence, il rajoute des études d’urbanisme et de lettres. D’où un doctorat sur le dadaïste Pierre de Massot dont il publie, en 1992, l’essentiel de l’œuvre. Soit le104ème ouvrage des éditions Arfuyen, qui en compte désormais plus de 160, et qu’il fonde avec quelques amis en1975, sous le nom celte d’une montagne située en face du mont Ventoux. Une région où résident plusieurs écrivains (Bonnefoy, Tortel, Bosco… ) regroupés en une revue suivie plus tard de dépliants, tirés à part, cahiers (en1981, avec Guillevic), puis de la collection Ivoire, réservée à des classiques (en 1992, avec Rilke) et Ombre, à des contemporains, en 1999.
Gérard Pfister est polyglotte et précurseur. Arfuyen publie donc pour la première fois en français Adonis, Spener ou Takuboku. Nombreux sont les textes rares de Silesius, Eckhart, Buson, Alvim, Guidacci, Dickinson, Paracelse ou Böhme édités avec soin, presque toujours en bilingue. En restant fidèle à ses proches (Munier, Juliet, Suied, Dattas…) Gérard Pfister poursuit, en dehors des modes et sentiers battus, la route d’Arfuyen. « Entre » les textes où se situe, pour lui, l’essentiel de la démarche d’éditeur.

(Arfuyen, 35 rue Le Marois, 75016 Paris)

 


Informations supplémentaires

  • Editions: Le Magazine littéraire
  • Date de parution: de 2001 à 2002